Rassemblement ski de randonnée

Nous voilà tout bronzé (voire carrément rouge) au retour d’un rassemblement départemental de ski de rando gorgé de soleil... et pas que. Comme tous nos rassemblements celui-ci était placé sous le signe de la sécurité. En ce sens cette sortie fut exemplaire, elle a démontré combien il est fondamental de bien préparer son coup en amont. Et notamment quand il s’agit d’une collective (18 personnes) dans laquelle se côtoient Bryan Djeunes en mode free ride-sac abs–Gopro–dré danl’pentu avec la Baronne d’Astrée de la Clopaubec qui a raté sa deuxième étoile lors de la classe de neige il y 20 ans.

Rien n’a été fait au petit bonheur la chance : la nouvelle cartographie des pentes à risque (> 30°) disponible sur Géoportail a été étudiée avec attention avant de choisir la destination du refuge de la Dent Parrachée. Ses 2500 m d’altitude le situent idéalement dans la bonne strate. En dessous de 1500 m la neige sera probablement trop lourde et au-dessus de 3500 m le vent va probablement miner le manteau neigeux avec de multiples plaques. A J-7 nous avons commencé à surveiller le BRA (bulletin des Risques d’Avalanche) sur le site de Météo France. D’autant plus que les grosses chutes de neige accompagnées de vents particulièrement violents du début de semaine, suivies d’un fort redoux, laissaient supposer des conditions pouvant être délicates, voire très délicates. Mais l’expérience nous a aussi enseigné qu’arriver au mois de mars l’évolution, dans un sens ou dans un autre, peut être spectaculairement rapide. Patience et sérénité donc, le « montagnisme » c’est l’art de savoir renoncer quand il le faut mais aussi foncer quand une fenêtre météo s’ouvre. Vendredi 17h, nantis des infos terrain en live en provenance du gardien, des prévisions météo affinées et de la dernière mouture du BRA, tous les voyants passent au vert, il n’y a plus a hésiter…On s’abstiendra toutefois des options plus engagées. Qu’importe, le menu de base est déjà gastronomique, la convivialité de la tablée devrait faire le reste.

Samedi, sous une tempête de ciel bleu, comme prévu montée tranquilou au refuge de la Dent Parrachée suivie d’une incursion sur les pentes douces du vallon de la Fournache, autour du Grand Chatelard. Le cadre du refuge « à l’ancienne » est déjà un must mais le stand up de Franck, son gardien, racontant les petites et grandes histoires des lieux est un show qui n’a rien à envier au meilleur de Gad Elmaleh et de Florence Foresti réunis… Une soirée cabaret sans supplément.

Dimanche la température est douce et le ciel voilé. Le risque avalanche est tombé à 2, c’est dire que l’on s’élance avec la plus grande sérénité vers les hauteurs. Dernier ajustement au regard de l’hétérogénéité du groupe on abandonne l’objectif initial du col de Labby pour opter pour son voisin le col du Moine plus sécurisant. Ce qui confirme l’adage local : « Celui qui ne fait pas Labby peut faire le Moine ». A peine parti, un moment de grâce s’offre à nous : un renard vient tranquillement saluer un par un les 18 skieurs de notre caravane pour aller quémander sa pitance journalière que le refuge lui octroie…rusé le goupil. Le tableau digne du Petit Prince de Saint Ex sera complété un peu plus tard par une maman chamois suivie de sa progéniture qui agrémentera la carte postale. Les dernières pentes du col un peu plus raides (30°) viennent amuser un peu la partie et sont allégrement franchies par toute l’équipe (sécurité oblige, on a quand même sorti les couteaux). Altitude 3330 m, sous nos spatules nous attend 2000 m de descente sur une neige très douce à skier… le bonheur du randonneur. Ces temps électoraux nous confirment que l’abstentionnisme de la première heure n’est jamais le bon choix.

Album photos :
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